Une histoire riche !

Lorsqu’on se promène le long des sentiers de la Plaine de la Scarpe, on passe parfois le long des témoins de notre passé, bien souvent sans nous en rendre compte. Qui se souvient que cette haie, plantée sur un talus, repose en fait sur une digue placée là par l’homme pour se protéger des crues ? Qui peut encore montrer les traces des anciens méandres de la Scarpe ?

S’intéresser à l’histoire de la Plaine de la Scarpe permet de se rendre compte que les cours d’eau d’aujourd’hui ne sont pas les rivières d’hier. Ils ont en effet été remaniés, modelés, façonnés par l’homme au cours du temps pour favoriser l’agriculture, limiter les crues, faciliter la navigation…

Ainsi, les travaux réalisés par les Comtes de Flandre dès le Xe siècle visant à faciliter la navigation sur la Scarpe ont eu pour conséquence d’augmenter l’ennoiement de la plaine. Or, les terres y sont riches et très convoitées pour l’agriculture. Des travaux considérables sont alors réalisés afin « d’assainir » la plaine. De nombreux canaux de drainage sont créés par les communautés locales, et notamment les communautés religieuses liées aux Abbayes, dès le XIIe siècle. C’est ainsi que le Décours, en rive gauche, et la Traitoire, en rive droite, voient le jour. Accéder au diaporama \"Plan du service des Voies navigables\"

L’exemple de la Traitoire, présenté sous forme d’animation, illustre bien les étapes successives des aménagements de nos cours d’eau depuis le Moyen Âge jusqu’à aujourd’hui, à l’initiative des différents pouvoirs en place, depuis les communautés religieuses et les seigneurs jusqu’à l’Etat et aux collectivités locales. Depuis 1830, la Scarpe est définitivement canalisée et a globalement l’aspect que l’on connaît aujourd’hui, comme il est possible de l’observer sur un plan du service des Voies navigables datant du milieu du XIXe siècle.

Cette connaissance de l’histoire de nos cours d’eau nous permet aussi de mieux comprendre l’histoire de nos relations avec nos voisins. Ainsi c’est un affluent de la Scarpe, l’Elnon, qui marque la frontière avec la Belgique sur une dizaine de kilomètres. Les archives que l’on peut consulter nous permettent de nous rendre compte que là où les aménagements favorisant la navigation rapprochaient les régions pour le commerce, ils créaient aussi des conflits locaux liés à la gestion des risques d’inondations.

L’eau n’a pas de frontière, et c’est un défi de pouvoir aujourd’hui coordonner en transfrontalier les actions des gestionnaires de cours d’eau au sein du bassin de la Scarpe.